Le trimestre s'est effectivement fini avec des résultats beaucoup plus probants. Nos interventions, celles d'Eric, autant que les miennes, ont été prises avec plus d'attention, et nous avons continué à nous voir tous les deux, pour doser nos prises de parole, à plusieurs reprises : il ne fallait pas tuer la chance, en abusant de notre position.
Eric avait rencontré une fille, soeur d'un élève de sixième. Il en était épris, et nos rencontres avaient surtout comme sujet la rédaction de letres entre les deux amoureux, que le petit frère se faisait un devoir d'emmener à sa soeur, trop heureux de bénéficier de la protection d'un grand... Du coup, Eric a limité nos rencontres secrètes à me faire écrire des poésies pour sa belle.
De mon côté, je trainais souvent avec un élève de quatrième, dont j'avais remarqué un très fort bégayement. Celui ci s'atténuait à mesure que la confiance s'établissait entre nous, mais reprenait dés qu'un autre venait s'y méler. Petit à petit, nous avons composé des rédactions ensemble, puisqu'il était comme moi très peu sportif. Devant de bons résultats, je suis devenu son auditeur, et il s'est entrainé à lire, pour vaincre son bagayement. Je l'aimais beaucoup, je ne peux pas dire que je n'ai pas eu pour lui du désir, mais l'interdit était le plus fort : l'amitié était belle, il fallait la sauvegarder, et je ne me donnais pas le droit de risquer de la mettre en danger. En même temps, je me suis installé dans une relation d'aide, et je pensais qu'il valait mieux en rester là.
Je continuais de temps en temps à assouvir mes bas désirs avec Michel, qui d'ailleurs m'a demandé un jour :
- Qu'est ce que tu fous avec ce jeune ?
- On travaille.
- Mon cul, elle est grosse, la sienne ?
- J'sais pas, jamais vue. On travaille, je te dis.
- Et puis quoi encore...
- Ecoutes, Micehl, je ne t'ai jamais demandé pourquoi tu vas aux chiottes en même temps que Serge.
- Merde, tu as remarqué ?
- Sois tranquille, je dois être le seul...
Ce n'était pas le seul que j'avais remarqué. Au dortoir, quand je m'endormais mal, j'avais remarqué plusieurs fois les allers retours de Francis et d'Alain. La même envie, aux mêmes moments. Avec l'expérience que j'en avais, il y avait frocménet anguille sous roche.
Et Alain est tombé malade. Pendant deux semaines, il n'est pas revenu à l'école. J'ai donc pris mon courage à deux mains, et j'ai dit négligement à Francis, dans l'escalier qui montait au dortoir :
- Dis, Francis, j'ai remarqué que tu avais du mal à dormir. Dommage qu'on ne soit pas voisins, moi aussi j'ai du mal à dormir...
Francis ne m'a répondu que d'un grognement.
Je me suis dit dans l'instant, qu'il n'avais pas entendu, presque soulagé.
Et pourtant, le même soir, après le rituel de l'endormissement, il s'est levé, comme tous les soirs. Et en passant près de mon lit, m'a pris le pied pour le secouer. Et il a continué sa route vers les toilettes.
J'ai réfléchi un court instant, j'ai atttendu un tout petit peu. Avais-je mal compris ?
Et je me suis levé à mon tour, pour les toilettes. J'ai répéré la lampe sous la porte : cabine de droite. Et me suis dit que je pouvais toujours clancher, en jurant de m'être trompé si mon interprétation était fausse.
J'ai donc appuyé sur la serrure, et la prote était ouverte.
- Excuses.
- Viens.
Je me suis faufilé, tandis qu'il tournait le loquet.
- J'éteins, je préfère.
Et du même mouvement, il appuie sur l'interrupteur.
Dans le noir, je sens une main chercher mes cuisses, et remonter jusqu'au sexe.
- Putain elle est grosse...
Et il l'abandonne, pour descendre le pantalon de pyjama. Je fais de même. Sans toucher.
Et là, il me prend par la taille et me serre, en même temps que sa bouche cherche la mienne. Il m'embrasse, m'étreint. Je reste sans réaction, surpris. J'apprécie...
Ma main redescend vers son sexe, qu'elle empoigne : il n'y a pas de poils, mais plus surprenant, il n'y a qu'un testicule. Mes doigts cherchent le deuxième, et Francis s'en aperçoit :
- T'inquiètes, il n'y en a qu'un, ça te gène ?
- Non.
- Tu vas voir, il fonctionne bien...
Francis commence à me masturber doucement. Sa langue cherche encore à écarter mes lèvres. Je le branle aussi. Et, au même instant, le plaisir se déclenche, intense, plus fort qu'avec les autres...
Francis se reprend rapidement. Il nettoie déjà avec du papier toilette, rallume la lumière, arpès avoir tendu l'oreille quelques secondes, me fait un rapide baiser sur la bouche, et me dit :
- J'y vais le premier, tu attends un peu OK ? Ah oui, merci...
J'ai femré la porte derrière lui, me suis essuyé à mon tour, et me suis assis sur la cuvette. Décidement, c'était trop bon, cette fois ci. Deux choses restaient en suspent : pourquoi donc n'en avait-il qu'une ? Pourquoi était ce aussi bon ?
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander
coeurenderoute NC
Le week-end suivant, Eric arrive à l'abri bus, et m'ouvre son sac : on est les premiers comme d'habitude. Il me découvre, sous son linge, une bouteille de cognac trois étoiles.
Ce Noël là, je l'ai mal vécu. J'ai commencé par voir, le jour du départ à la maison, une lueur de réprobation sur le visage de maman, mais surtout des soucis.
Le pire venait de l'anglais, langue barbare à laquelle je n'ai jamais pu me faire. Mais le français aussi me donnait bien du souci : mes notes en rédaction, où j'excellais les premières années, ont subit une baisse comparable au crasch boursier de 1929.
Les jours s'écoulaient, j'avais moins d'appréhension, devant mes désirs : je mettais du champ entre morale chrétienne et désir consenti. Le soir, la séquence cigarette, et l'assurance que j'avais prise nous permettais, régulièrement, à Michel et moi, de nous donner du plaisir : il ne s'agissait jamais d'autre chose que d'une masturbation réciproque.
Après le repas, le vieux rituel se déroula comme à l'habitude, et je n'attendais que ça. Tout le monde s'éparpille dans la cour, et ceux qui fument disparaissent derrière la haie d'arbre ou de sapins. J'avais l'habitude de rester sur la cour, pour créer une densité, et rendre moins flagrante l'absence des fumeurs. Mais ce soir là, j'étais très heureux de dire tout à coup :
Je suis parti au bord du ruisseau, et à neuf heures du mat, j'ai allumé la première cigarette. J'avais bien observé, et mon père, et mes copains. L'allumer n'a pas été dur, si j'excepte la quinte de toux qu'a provoqué la première taf.
Au bout de cinq jours, j'ai réussi à l'avaler, cette maudite fumée. Ce jour là, ma grand mère m'a donné quelques pièces : elles ont servi à m'acheter un paquet de Françaises.
Isolé dans mon coin, derrière les arbres du parc, je retrouvais parfois l'un ou l'autre camarade. C'est devenu aussi, plus tranquille que l'étude, l'occasion de donner des diées pour la rédaction de la semaine, il arrivait souvent qu'on révise comme ça les leçons d'histoire et de géographie. J'y retrouvais souvent Francis, parfois Olivier, et Denis.
La petite demie heure d'étude est passée très vite. Et nous soommes montés au dortoir. Une fois la lumière éteinte, et le calme obtenu, ce soir là, avec un peu de mal, Michel se pencah vers moi et me dit :
Je suis rentré en vacances, à la maison, la fête n'était jamais pareille à celle des autres : on tremblait de voir arriver sur la table une bouteille de vin, et on savait que mon père finissait toujours par nous gacher les moments de joie que nous pouvions avoir. Ca n'a pas loupé cette année là : j'avais eu de ma grand mère un petit magnétophone, pour me récompenser de mon bulletin, et j'ay avait glissé une cassette : elle n'a pas plu à mon père, et le magnétophone a fini sa brève existance sur le pavé dans la rue. Il est vrai aussi qu'il venait de ma grand mère.