Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Ma vie tout simplement...

J'ai passé la quarantaine, je vis en province, je suis gay, mais de l'intérieur...

Alors, parce que je veux laisser une trace, je me raconte un peu là, je fouille ma mémoire pour retrouver mon parcours : on ne connait un arbre que par ses racines.

J'ai voulu un pseudo en clin d'oeil à Jacques Brel : il vient de cette phrase : je rentre chez moi, coeur en déroute, et la bite sous l'bras...
C'est une histoire, sans prétention, l'histoire de petits bonehur, et souvent, de grandes souffrances... Pas facile de sortir du rang.

Et peut-être que quelqu'un, quelque part, aura envie de lire..................

Mercredi 7 décembre 2005

Le trimestre s'est effectivement fini avec des résultats beaucoup plus probants. Nos interventions, celles d'Eric, autant que les miennes, ont été prises avec plus d'attention, et nous avons continué à nous voir tous les deux, pour doser nos prises de parole, à plusieurs reprises : il ne fallait pas tuer la chance, en abusant de notre position.

Eric avait rencontré une fille, soeur d'un élève de sixième. Il en était épris, et nos rencontres avaient surtout comme sujet la rédaction de letres entre les deux amoureux, que le petit frère se faisait un devoir d'emmener à sa soeur, trop heureux de bénéficier de la protection d'un grand... Du coup, Eric a limité nos rencontres secrètes à me faire écrire des poésies pour sa belle.

De mon côté, je trainais souvent avec un élève de quatrième, dont j'avais remarqué un très fort bégayement. Celui ci s'atténuait à mesure que la confiance s'établissait entre nous, mais reprenait dés qu'un autre venait s'y méler. Petit à petit, nous avons composé des rédactions ensemble, puisqu'il était comme moi très peu sportif. Devant de bons résultats, je suis devenu son auditeur, et il s'est entrainé à lire, pour vaincre son bagayement. Je l'aimais beaucoup, je ne peux pas dire que je n'ai pas eu pour lui du désir, mais l'interdit était le plus fort : l'amitié était belle, il fallait la sauvegarder, et je ne me donnais pas le droit de risquer de la mettre en danger. En même temps, je me suis installé dans une relation d'aide, et je pensais qu'il valait mieux en rester là.

Je continuais de temps en temps à assouvir mes bas désirs avec Michel, qui d'ailleurs m'a demandé un jour :
- Qu'est ce que tu fous avec ce jeune ?
- On travaille.
- Mon cul, elle est grosse, la sienne ?
- J'sais pas, jamais vue. On travaille, je te dis.
- Et puis quoi encore...
- Ecoutes, Micehl, je ne t'ai jamais demandé pourquoi tu vas aux chiottes en même temps que Serge.
- Merde, tu as remarqué ?
- Sois tranquille, je dois être le seul...

Ce n'était pas le seul que j'avais remarqué. Au dortoir, quand je m'endormais mal, j'avais remarqué plusieurs fois les allers retours de Francis et d'Alain. La même envie, aux mêmes moments. Avec l'expérience que j'en avais, il y avait frocménet anguille sous roche.
Et Alain est tombé malade. Pendant deux semaines, il n'est pas revenu à l'école. J'ai donc pris mon courage à deux mains, et j'ai dit négligement à Francis, dans l'escalier qui montait au dortoir :
- Dis, Francis, j'ai remarqué que tu avais du mal à dormir. Dommage qu'on ne soit pas voisins, moi aussi j'ai du mal à dormir...
Francis ne m'a répondu que d'un grognement.
Je me suis dit dans l'instant, qu'il n'avais pas entendu, presque soulagé.
Et pourtant, le même soir, après le rituel de l'endormissement, il s'est levé, comme tous les soirs. Et en passant près de mon lit, m'a pris le pied pour le secouer. Et il a continué sa route vers les toilettes.
J'ai réfléchi un court instant, j'ai atttendu un tout petit peu. Avais-je mal compris ?
Et je me suis levé à mon tour, pour les toilettes. J'ai répéré la lampe sous la porte : cabine de droite. Et me suis dit que je pouvais toujours clancher, en jurant de m'être trompé si mon interprétation était fausse.
J'ai donc appuyé sur la serrure, et la prote était ouverte.
- Excuses.
- Viens.
Je me suis faufilé, tandis qu'il tournait le loquet.
- J'éteins, je préfère.
Et du même mouvement, il appuie sur l'interrupteur.
Dans le noir, je sens une  main chercher mes cuisses, et remonter jusqu'au sexe.
- Putain elle est grosse...
Et il l'abandonne, pour descendre le pantalon de pyjama. Je fais de même. Sans toucher.
Et là, il me prend par la taille et me serre, en même temps que sa bouche cherche la mienne. Il m'embrasse, m'étreint. Je reste sans réaction, surpris. J'apprécie...
Ma main redescend vers son sexe, qu'elle empoigne : il n'y a pas de poils, mais plus surprenant, il n'y a qu'un testicule. Mes doigts cherchent le deuxième, et Francis s'en aperçoit :
- T'inquiètes, il n'y en a qu'un, ça te gène ?
- Non.
- Tu vas voir, il fonctionne bien...
Francis commence à me masturber doucement. Sa langue cherche encore à écarter mes lèvres. Je le branle aussi. Et, au même instant, le plaisir se déclenche, intense, plus fort qu'avec les autres...
Francis se reprend rapidement. Il nettoie déjà avec du papier toilette, rallume la lumière, arpès avoir tendu l'oreille quelques secondes, me fait un rapide baiser sur la bouche, et me dit :
- J'y vais le premier, tu attends un peu OK ? Ah oui, merci...
J'ai femré la porte derrière lui, me suis essuyé à mon tour, et me suis assis sur la cuvette. Décidement, c'était trop bon, cette fois ci. Deux choses restaient en suspent : pourquoi donc n'en avait-il qu'une ? Pourquoi était ce aussi bon ?

 

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 29 novembre 2005

Eric et moi étions partis pour un long round d'observation. Le mardi soir, le prof surveillait l'étude de 17 heures. C'est vrai qu'il avait une bonne tête bien rouge d'alcoolique. Le responsable des grands est venu nous parler de la fête de rentrée du second trimestre : elle se déroulait la semaine suivante, le clou en était la galette des rois.

Eric me fit signe de la tête. Au moment du repas, il me prit à part :
- Marc, c'est l'occasion, ils mangent avec nous, et ils ont du vin à table.
Je ne voyais toujours pas ce qu'il voulait faire au juste.
- Ben si, il suffit de lui donner à boire avant...
- Oui, mais comment tu veux faire ?
- T'inquiètes, on trouvera. Réfléchis de ton côté.
Je me suis cassé la tête pendant tout le repas. Malgré des méninges triturées comme jamais, je n'avais pas trouvé l'ombre d'une idée.
A la sortie du réfectoire, Eric me pousse de l'épaule, et me dis :
- Ce soir, je viens, et on va trouver.
Et il s'en va en courant, pour jouer au foot dans la cour.

Le soir, il refait le coup du commando, et se remet en stand by sous mon lit.
- Alors, tu as réfléchi ?
- J'arrête pas, mais j'ai rien trouvé.
- Je crois que j'ai trouvé : je vais me faire confisquer une bouteille mardi matin. Et puis, il prendra la journée pour la boire. Et le soir, il sera cuit, deux verres de plus, comptes sur moi, ça se verra.
- Tu crois que ça va marcher ?
Et s'il te punit ?
- Je m'en fous. J'ai envie de lui baiser la gueule.
- Et tu crois que ça va marcher ?
- T'inquiètes, je sais déjà quelle bouteille je vais piquer à mon père.
Je me suis mis à imaginer la scène.
- J'ai peur pour toi, Eric. Si tu te fais jeter ?
- Non, s'il dit quelque chose, il est obligé de donner la bouteille, je te dis, il ne dira rien.
- C'est gonflé quant même. Mais je fais rien dans cette histoire ?
- SI.
- Mais quoi ?
- C'est toi qui doit me dénoncer.
- Attends, c'est un boulot de traitre...
- Non, c'est la justice. Il nous a baisé, on le baise. Dis, Marc, je te la tord ?
- Si t'as encore envie d'essayer...
- T'y vas le premier, j'arrive, tout le monde dort...

Le week-end suivant, Eric arrive à l'abri bus, et m'ouvre son sac : on est les premiers comme d'habitude. Il me découvre, sous son linge, une bouteille de cognac trois étoiles.
- Si mon père savait, il me tuerai. C'est trop bon.
- Ben oui, dommage.
- Bon, on suit le plan ?
- Ok, mais tu la caches où ?
- Ben écoutes, je la laisse dans mon sac.
- Non, j'ai réfléchit, j'ai une autre idée.
- Dis toujours.
Il y avait dans le coin du dortoir une vieille cheminée, condamnée. Le foyer était bétonné, mais on avait laissé une ouverture, fermée par une petite plaque de ciment.
- On la planque dans le trou de la cheminée, et on va lui dire tous les deux, qu'on a trouvé la bouteille là.
- Pas mal, il n'aura même pas de soupçons, et je ne risque rien.
Il me serre la main pour sceller notre accord, les autres arrivent, il referme son sac, et on s'allume une cigarette, tout en parlant des résultats du foot.

Le mardi matin, nous l'attendons, au pied de l'escalier qui descend vers la cours. Il vit sur place, une chambre dans le chateau, au rez de chaussée duquel on trouve l'administration de l'école. Et d'un seul élan, Eric (qui pour une fois, ne joue pas au ballon, et moi l'abordons :
- Monsieur, on n'est pas des ratcheurs, mais il faut qu'on vous dise quelque chose...
- Bien, je vous écoute, répond-t-il tout fier de faire l'objet de tant d'attention de notre part...
- Ben voilà, on ne sait pas comment vous le dire...
- Mais parlez, je suis là pour ça.
- Ben voilà, Monsieur, on a trouvé un truc dans le dortoir...
- Un truc ?
- Ben oui, on sait que l'alcool est interdit, et on a trouvé une bouteille...
Son attention est devenue intense d'un seul coup.
- Montrez moi ça...
Nous nous faisons un réel plaisir de le conduire à notre trésor. Il nous observe, et tend la main pour récupérer le précieux flacon.
Il le prend dans ses mains délicatement, tourne légèrement la bouteille. Eric me fait un clin d'oeil si appuyé que j'ai peur que le prof ne s'en apercoive. Mais il n'a s'atention que pour l'étiquette.
- Il a du goût, le sagoin... rêve-t-il...
Et puis se reprend :
- Je vous demande un secret absolu. Je vais faire une enquête pour connaître le coupable. Il sera puni.
Il glisse dans son sac la bouteille, et ajoute :
- Je compte sur vous, le secret...

Nous avions cours ensemble, de 10 à 12. Il s'est absenté quatre fois. Ses pharases devenaient inaudibles. Il a fait le cours assis. A la fin de celui-ci, il s'est levé, a semblé chercher un moment un improbable équilibre, s'est soudain dirigé vers moi, et s'est écroulé de tout son long dans l'allée.
Eric et moi, nous sommes précipités, l'avons ramassé, assis sur un banc.
- Sortez les gars, Marc et moi allons nous en occuper...
Le prof était blanc comme un linge. Nous l'avons soutenu jusque devant  sa chambre du premier, où le bruit a fini par provoquer l'intervention d'un autre prof. Il lui a ouvert la porte, tandis que le vieil ivrogne continuait de nous dire :
- Le silence, je fais une enquête...

Le paln n'avait pas vraiment fonctionné comme on l'avait voulu, mais le résultat en avait été probant. Tout le monde se gaussait maintenant du prof, il aurait bien du mal à se montrer sévère : mes notes ont du reste connu une hausse substantielle, comme on dit en économie...

Ce soir là, après la fête, Eric m'appela à l'écart, et, une fois disparus tous les deux dans les sapins, sortit de sa poche un petit flacon.
Il me l'a tendu, et me dit :
- Maintenant, nous on peut arroser aussi.
- T'en a une deuxième ?
- Attnds, ça s'arrose...
Il en a bu une gorgée, et m'a tendu la bouteille. Je l'ai proté à la bouche, pendant qu'il ouvrait mon pantalon...

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 29 novembre 2005

Ce Noël là, je l'ai mal vécu. J'ai commencé par voir, le jour du départ à la maison, une lueur de réprobation sur le visage de maman, mais surtout des soucis.
Mon père, quant à lui, s'est borné à dire :
- C'est pas la peine de payer pour ça...
Ca, c'est une phrase que je vais entendre longtemps, jusqu'à mes 19 ans...

Je suis resté de mauvaise humeur un bon moment, et Noël a été encore plus dur que d'habitude. En même temps, je me disais que j'allais devoir règler mes comptes. Je trouvais cela injuste. Et ce prof de français allait voir ce qu'il allait voir...

1972 allait donc commencé par une guerre : contre moi-même, parce qu'il allait falloir me rattraper tout cela, et contre ce prof qui m'en voulait trop visiblement. Je me suis donc retrouvé à la gare , à attendre le bus, comme toutes les fins de week-end. J'étais le premier. Et je fumais tranquillement une cigarette, quand Eric est arrivé :
- T'as passé de bonnes vacances ?
- Ca va sans plus.
- Les miennes étaient terribles, il nous a eu, ce con.
Eric me talonnait au niveau des résultats, et il avait été drôlement déçu lui-même de ses résultats.
- Ah bon, t'en a chié ?
- Matin et soir, révisions...
- Ecoutes, Eric, c'est pas normal, il note comme un salaud. Il faut trouver quelque chose.
- J'ai eu le temps d'y penser, je l'aurai bouffé. Mais je vois pas quoi...
- En tout cas, tu trouves quelques chose, je te suis.
Eric hocha la tête, les autres arrivaient.

La rentrée s'est faite, comme à l'habitude. J'ai pris discrètement contact avec les troisièmes, il nous fallait des tuyaux, et savoir si nos sentiments étaient fondés.
Ils paraissaient en tous les cas penser la même chose.

Le soir, Eric me glissa :
- Si c'est calme, je viens ce soir.
- Pas de problème.

Une fois la lumière éteinte, le calme s'est fait assez rapidement. Le pion traversa le dortoir pour se rendre à la salle télé : demain, il nous donnera les résultats du foot. Il ne parait vivre que pour ça.
Quatre lits plus loin, Eric soulève ses couvertures, et se glisse de son lit. Mais je ne le vois pas debout. Je me dis qu'il a dû changer d'idée. Mais subitement, je m'effraye de cette main qui m'aggrippe le bras. Eric avait fait le déplacement en rampant en dessous des lits, jusqu'au mien.
- Marc, il faut qu'on trouve un plan.
- Je sais, mais je vois pas quoi...
- Ecoute, il boit, ce mec. Il faut qu'on l'aie comme ça.
- Oui, mais tu veux comment ?
- Ben attends, mes parents tiennent un café. Je connais les alcoolos. Ils trouvent une bouteille, ils boivent. On va se démerder pour lui en faire trouver une, et je te promet, il va la sentir passer...
- Ok, je marche. Mais on s'y prend comment ?
- C'est ça que j'ai pas encore trouvé. Mais ce con, je lui ferait un noeud dans la bite, pour qu'il nous fasse plus chier...
- Un noeud dans la bite, jamais on peut.
- Tu paries ?
- T'y es déjà arrivé ?
- Bien sûr. Tu veux que je te montre ?
Sans attendre de réponse, il a glissé sa main sous mes couvertures, et s'est emparé de la mienne...
- Aie, molo...
C'est tout ce que j'ai arrivé à dire... surpris.
Mais le noeud, il n'a pas vraiment cherché à le faire, il m'a glissé à l'oreille :
- Viens, au chiotte, on sera mieux. J'y vais le premier.
J'ai attendu un peu, et suis parti le rejoindre. Eric était beau, et très athlétique. C'était un leader en sport, et j'étais très surpris de me retrouver complice à ce point. Ce soir là, nous nous sommes branlé réciproquement, un peu trop précipitement, mais c'était une façon de sceller notre complicité de bonne manière...

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 27 novembre 2005

L'année commençait bien. Globalement.
Parce que la fin du trimestre va me réserver une surprise de taille.
Je participais bien en classe, par rapport à ma timidité des précédentes années.
Trop même, puisque plusieurs fois, j'avais eu de petite alertes en ce qui concernait la discipline. Mais je pensais l'équilibre réalisé, parce qu'en fait, si j'intervenais souvent sans tenir compte des remarques des profs, souvent d'ailleurs pour couvrir mes camarades, ça me paraissait devoir être excusé au titre de la pertinance des réponses que je donnais.

Le pire venait de l'anglais, langue barbare à laquelle je n'ai jamais pu me faire. Mais le français aussi me donnait bien du souci : mes notes en rédaction, où j'excellais les premières années, ont subit une baisse comparable au crasch boursier de 1929.
Mon bulletin s'est lourdement ressenti :
- en anglais, j'ai eu droit à de l'humour britisch, soulignant un travail à modeste 3/20 : Monsieur a bien plus de talent à se camoufler pour éviter l'interrogation orale, qu'à l'apprentissage de la langue anglaise. Le prof lui, brillait si on peut dire, par le mauvais choix de ses parfums, qu'il n'économisait pas vraiment.
- en français, Monsieur F. m'avait décidement pris en grippe : l'expression était correcte, mais les idées exprimées étaient le plus souvent ineptes. Le commentaire était amer. Et j'en étais profondément humilié. Il allait voir de quel bois je me chauffe...
- en math, je faisais illusion : élève sérieux, qui connait quelques difficultés, mais qui travaille. Je ne remercierai jamais assez Didier, qui me refilait systématiquement mes bons devoirs. Il était aussi fiable en math, qu'un pneu Michelin sur les circuits de formule 1.
- L'appréciation globale : cet élève s'est éveillé, mais trop rapidement : il gène souvent la classe.
Ce mot charmant ne pouvait venir que notre prof principal, qui décidément me montrait un amour sans bornes.

 

Un bulletin aussi nuancé me faisait mal à ma mère…. Pour le reste, je m’en foutais maintenant. J’avais envie d’envoyer tout le monde « siffler sur la colline. Je n’étais pas bien dans ma tête. Ma position, enfin, plutôt ce que je croyais solide, chancelait à nouveau. Noël allait être difficile, encore plus que d’habitude. J’en voulais beaucoup à ce prof, à ce qui m’apparaissait un injustice. Non, j’étais bon en classe. J’en doutais. Didier me confiait qu’ici trouvait ce bulletin injuste : je lui répondit que nul en math, ce n’était pas mes résultats.

 

Ce mois de décembre là, je me suis retrouvé tout seul, dans l’incompréhension de ceux que j’aimais. Et je suis parti en vacances, sans dire au revoir à personne…

 

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 26 novembre 2005

Je me devais maintenant d'être grand.

Et je l'ai manifesté assez rapidement, surtout en classe. Je me suis mis à participer, beaucoup plus : maintenant, mes camarades ne se moquaient plus de mon débit lent, et les profs me portant quelque intérêt, ils sentaient bien que je leurs rendaient service.

Mieux, après, c'est devenu une véritable stratégie : Daniel me faisait signe en rentrant en cours : il n'avait rien appris. Et dés que le prof posait une question, en regardant dans sa direction, je lui sortait la réponse, naïvement, comme si elle m'avait échappée.
Au bout d'un moment, il a d'ailleurs fallu trouver autre chose : le prof finissait pas dire, avant même de poser la question :
- Je demande à Marc de se taire....

Les jours s'écoulaient, j'avais moins d'appréhension, devant mes désirs : je mettais du champ entre morale chrétienne et désir consenti. Le soir, la séquence cigarette, et l'assurance que j'avais prise nous permettais, régulièrement, à Michel et moi, de nous donner du plaisir : il ne s'agissait jamais d'autre chose que d'une masturbation réciproque.
Mais le désir naissant, la puberté, amenait d'autres jeux, et d'autres expériences : c'était des jeux de poursuite, qui se terminaient en se prennant, parfois violement, le sexe à pleine main. Mais ça en restait là. En général.
Ce soir là, pourtant, j'ai suivi dans l'ombre du batiment, mon copain Francis. Lui ne m'a pas laché. Il m'a entrainé plus loin , où, pour la première fois, j'ai découvert un autre sexe que celui de Michel. Francis m'a appris à faire durer le plaisir, qu'avec Michel je prenais à la sauvette. Il aimait caresser longuement, il aimait prendre son temps à faire naitre doucement le désir. Francis était dans mon dortoir. Pas question pour nous de demander un rapprochement, qui eut pu faire naitre le soupçon.

Notre stratégie ressembla donc à celle expérimentée avec Michel, chez les petits. On attendait le départ du pion pour la télévision, et tantôt, on se rendait aux w.c, tantot, il se glissait dans un premier temps sous mon lit, dans un second dans mon lit. Il était un peu plus petit que moi, j'appréciais ces moments pleins de tendresse en même temps que de plaisir.
Sans oser vraiment rejeter Michel, je me trouvais des excuses pour éviter ses approches... Francis m'apportait quelque chose de plus. Je vivais tout cela dans le secret, et bien des angoisses sont nées, des cauchemars de mes camarades, qui nous faisaient penser avoir été surpris. Et bien des fois ausi, nous ne sommes pas allés jusqu'au bout de nos ébats.

Je me surprenais aussi à regarder, avec amitié, mais aussi une pointe de désirs, certains de mes camarades, qui avaient beaucoup de charme. Mais nos rapports restaient platoniques : il était plus que risqué de se découvrir, la moindre imprudence dans ce monde cruel et clos se payaient content, j'en avais vu l'un ou l'autre en faire les frais.

Je continuais à recevoir beaucoup de confidences, et j'étais passé expert dans les lettres d'amour aux filles, laissées dans les villages : je dois en remercier Ronsard, et certains autres. Ce talent me donnait d'être au courant de toutes les liaisons de pas mal de mes camarades, qui appréciaient ma discretion.
Et de vivre leurs aventures, me permettait aussi d'inventer les miennes.

J'ai tissé un lien particulier avec Didier. C'était mon voisin d'étude. Je le trouvait beau et intelligent. Parfois mélancolique, il me rejoignais dans ma façon de regarder le monde. Il passait parfois du temps le soir, à déssiner. Et pour ma part, j'écrivais. On partageait pas mal de nos vies : il habitait à l'autre bout du département, et il me décrivais son pays. Il racontais ses week-ends, et je lui répondais en racontant les miens. Très vite, nous nous sommes rapprochés. Et à peine plus tard, je lui fit part de mes désirs, de mon amour des garçons. Et sa réponse m'a stupéfié : je l'avais fait la peur au ventre, comme on se jette à l'eau, dans un élan de coeur, bêtement, un soir, à l'étude de 20 heures.
Et il m'a répondu simplement, moi aussi, ça m'arrive.
On est devenu les meilleurs potes du monde, parfois à la limite du chahut, on se faisait souvent rappler à l'ordre.
C'était un véritable ami. Mais jamais, nous n'avons eu le moindre contact charnel. Je pense que lui comme moi, avons eu peur que cela détruise quelque chose de meiuyx, une amitié solide, un plaisir différent de celui des sens, de l'ordre du coeur. Aujourd'hui encore, je n'arrive pas à expliquer pourquoi toutes ces heures, remplies d'occasions, tous ces moments d'isolement, n'ont jamais donné naissance à la moindre tentative de rechercher un contact plus physique.
Didier était mon ami, et comme tout ami, il se devait d'être inaccessible.


par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 24 novembre 2005

Septembre .

Le premier jour. On s'y retrouve tous avec grand plaisir. Un peu frimeurs. Mais un peu inquiet aussi. Maintenant qu'on est grand, on va se retrouver dans une autre aîle du batiment. Il y a trois dortoirs, et quand on s'aligne dans la cour, on ne sait pas encore ce qui nous attend.
Sur le plan scoalire, on rajoute une langue Et on va trouver des profs plus sévères. Ca, c'est la anciens qui se sont fait un plaisir de nous l'annoncer : fini de rigoler.

C'est donc un mélange de plaisir, lié à nos retrouvailles, et un e bonne dose d'inquiétude, qui nous fait palrer aussi fort, devant des petits, nouveaux pour beaucoup, qui regardent avec la même inquiétude dans notre direction.

Il est six heures du soir, on va nous attribuer nos palces dans les classes d'abord, dans les dortoirs ensuite. A la lecture des listes, j'attends comme d'habitude aux derniers drang de la liste, de savoir dans quelle classe je vais devoir travailler, et dans quel dortoir me reposer.  Mon regard a croisé plusieurs fois celui de Michel, qui m'a renvoyé un petit clin d'oeil complice.

Et puis, la lecture de mon nom vient tout casser : je ne sais pas au nom de quelle alchimie je me suis retrouvé, quasiement seul, avec Claude, à changer de classe. Et de dortoir en prime. Et je regarde mon ami dans l'autre rang. Il me fait signe, en haussant les épaules.

Nous montons dans la salle d'étude : je me vois attribuer une place au fond, à côté de Didier, que je ne connais pas du tout. Et nous prenons note des emplois du temps.
Didier me pousse du coude :
- T'es bon en quoi ?
- Français, sciences, histoire, géo, allemand...
- Et les maths ?
- Plus dur pour moi.
- Chouette, on fait équipe...
J'ai eu envie de rire, tant il avait le sourire éclatant.

Une fois les emplois du temps notés, on est monté au dortoir : il y en avait trois. Le premier sous les combles, n'était pas très accueillant. Mais je ne fais que le traverser. Le second vient d'être remis en peinture, il sent encore le neuf. J'y trouve ma place, en plein milieu, entre Marcel et Francis. Je me retourne pour cehrcher Michel du regard : il est resté dans le dortoir du haut. Vraiment tout faux cette année là.
Nous nous déchargeons des sacs, faisons nos lits, et quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons au réfectoire, où j'attends Michel pour rentrer...
Il me regarde, avec un petit sourire :
- Ils nous ont baisé...
- Plutôt...
- Pas grave, on fera autrement.
On s'est assis cote à cote pour dîner, et Michel m'a glissé sa main dans l'entre jambe, et m'a chuchoté :
- Il faudra que tu me montres si elle a grandie...

Après le repas, le vieux rituel se déroula comme à l'habitude, et je n'attendais que ça. Tout le monde s'éparpille dans la cour, et ceux qui fument disparaissent derrière la haie d'arbre ou de sapins. J'avais l'habitude de rester sur la cour, pour créer une densité, et rendre moins flagrante l'absence des fumeurs. Mais ce soir là, j'étais très heureux de dire tout à coup :
- Je viens fumer.
Rien ne m'a fait plus de bien, que ces gars, quand ils se sont retourné étonnés, surpris :
- Attends, tu fumes ? me dit Claude en me tenant l'avant bras.
- Et ben oui, pourquoi ? Je lui ai répondu en prenant un air faussement détaché et modeste. Fumer m'avait demandé tant d'efforts...
- Ben, on aura tout vu. Viens.
J'ai pris bien du plaisir à sortir calement ma française, à l'allumer avec beaucoup d'assurance, à tirer une taf sans tousser, et à leurs cracher la fumée au visage.
- Ben dis donc, t'es cool là... dit Claude en souriant.
Michel me regarda avec un clin d'oeil. Je pense qu'à ce moment, il avait compris mes efforts...

La cigarette terminée, Michel me lança une vacherie, qui me permit de trouver là l'occasion d'entamer une poursuite jusque dans les sapins, sans que le départ ne surprenne d'avantage les autres fumeurs du petit groupe, qui repartirent vers la cour.
Et j'ai très rapidement montré à Michel que de ce côté là aaussi, il y avait eu du changement...

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 novembre 2005

Les grandes vacances commençaient. Mon père faisait les 3-8. Il restait nerveux et iritable, mais sa dernière promotion l'avait beaucoup valorisé : il se sentait reconnu. Son comportement s'en trouvait modifié. Il en faisait souvent état devant nous, il était contre maître, et commandait aux autres... Il n'avait plus à travailler comme un arbe, il leurs commandait.
Il avait aussi été augmenté, et son premier geste avait été d'acheter une nouvelle voiture. Il en était aussi plus souvent absent : cet argent permettait de passer plus de temps dans les cafés du coin.

J'avais quant à moi, eu droit à un vélo. Je le prenais souvent pour aller me promener. Sans véritable but. Je n'avais aucun atome crochu avec mon frère, et j'avais perdu de vue tous mes copains du CM2. J'en étais très eul, et passait beaucoup de temps avec mon grand-père, dans le jardin. Mes camarades me manquaient. Michel aussi. Michel surtout.
J'ai donc passé l'essentiel de mon temps à rechercher une stratégie qui me permette d'être plus intégré : j'allais entrer dans le monde des grands, il me faut trouver comment faire une rupture avec l'univers des petits.
Ma décision a té prise rapidement, et un matin, mon père sortait de nuit, j'ai pris dans son paquet cinq cigarettes au moins.
Je suis parti au bord du ruisseau, et à neuf heures du mat, j'ai allumé la première cigarette. J'avais bien observé, et mon père, et mes copains. L'allumer n'a pas été dur, si j'excepte la quinte de toux qu'a provoqué la première taf.
J'ai fumé en réfléchissant : il fallait que j'avale, il me fallait aussi chasser la fumée par les trous de nez. Ca n'a pas été simple. La tête tournait, le ventre en a été retourné, j'en ai vite vomi tripes et boyaux. Je devais être vert, puisque une demie heure après, maman m'a regardée surprise, et m'a demandé si je me sentais bien.
C'était une gauloise sans filtre, et elle m'avait tué.

J'avais caché les cigarettes, au fond du jardin, sous une pierre, cette première expérience m'avait échaudé ; mais pas question pour autant d'abandonner. Il fallait que je surprenne, il me fallait m'intégrer, et ça passait par ça, de devenir un grand. On m'avait dit d'ailleurs que ça permettait aussi de voir un poiil plus dru à l'endroit stratégique, aucun moyen donc de faire l'impasse sur cette étape. Le lendemain matin, j'ai donc pris un mouchoir, et je suis reparti refaire mon expérience. Le résultat fut le même, mais j'ai trouvé comment recracher par les trous de nez, non sans douleur d'ailleurs.
Au bout de cinq jours, j'ai réussi à l'avaler, cette maudite fumée. Ce jour là, ma grand mère m'a donné quelques pièces : elles ont servi à m'acheter un paquet de Françaises.
Avec les filtres, j'ai enfin réussi à faire le tour de ce qu'on faisait de mieux en matière de fumée.
J'étais prêt à être un grand.

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 novembre 2005

Après les vacances de Pâques, je retrouvais avec plaisir l'école. Les résultats m'avaient valu les compliments de tous. Les beaux jours revenaient. Le foot reprenait son droit. Et je perdais le mien, la gamelle me donnait une place que je ne trouvais pas dans ce jeu là.
J'ai repris mes habitudes, et je m'isolais avec un livre. Un maudit pion avait décidé que ce n'était pas sain, et qu'il me fallait participer aux jeux. J'ai naturellement décidé qu'il fallait que je m'en cache. Et c'est sous mon pull, que je gardais le livre qui allait m'occuper.

Isolé dans mon coin, derrière les arbres du parc, je retrouvais parfois l'un ou l'autre camarade. C'est devenu aussi, plus tranquille que l'étude, l'occasion de donner des diées pour la rédaction de la semaine, il arrivait souvent qu'on révise comme ça les leçons d'histoire et de géographie. J'y retrouvais souvent Francis, parfois Olivier, et Denis.
Francis venait souvent. C'était quelqu'un de calme, et d'un peu réservé. On avait le même mal, une timidité maladive : il en beggayait. Mais quand nous étions seuls, il s'ouvrait volontiers.
Trsè rapidement, je devins son confident. Ses week ends, les problèmes de famille, les filles de son quartier ont fait rapidement l'essentiel de nos conversations. Je lui ai offert mon aide pour rédiger des lettres à son amie Sandrine, dont il m'a en grand secret, montré une photo.

Michel jouait beaucoup, notre relation particulière ne transparaissait pas. Au contraire, il se montrit parfois plutôt agressif dans son vocabulaire : une façon de donner le change. Notre vie "commune" continuait le soir, dans le noir du dortoir. Je continuais à gérer la contradiction, entre une morale rigide, et mes désirs. Il en faisait parfois les frais, quand je le rejetais. Mais il avait aussi ce défaut, d'en avoir envie sans cesse. Je me surprenais de mon côté à désirer parfois d'autres garçons. Il y avait là autant le souci de pourvoir me connaitre, et un désir tout court.

Les jours se prolongeaient, les récréations aussi. Et le soir, maintenant que le ciel restait clair, le parc restait ouvert aux jeux. Il était interdit de fumer dans l'école. Et on se cachait pour le faire. Pour moi, il n'en était pas question : mon père fumait, et j'avais décidé de résister. Michel fumait. Et il partait souvent, avec un petit groupe, se cacher dans le bois, pour fumer trnaquille. J'en étais à nouveau exclu. Et devait surveiller les va-et-vient des pions. J'avais pour mission alors d'envoyer une balle dans leur direction. Je prenais au sérieux ce rôle, mais balancer la balle était pour moi une véritable angoisse.

Le troisième trimestre s'est déroulé comme ça, sans heurts, et la remise des bulletins officialise mon passage en quatrième. Une fête, on change de côté, on passe chez les grands. Il va falloir mériter cette promotion.
Le dernier jour arrive : je regarde partir Michel et les autres, le coeur un peu gros. Deux mois sans eux, je vais souffrir...

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 17 novembre 2005

14

Au retour des vacances, j'étais heureux de retrouner à l'école. Nous nous sommes retrouvé le dimanche soir, attendant le bus devant la gare. Il faisait froid, il y avait un peu de neige, sale. Le bus arivé, on s'est retrouvé au réfectoire pour manger les traditionnels raviolis. Au déssert, une franche de buche venait nous rappeler la fête. Il était très bruyant ce réfectoire, il y avait beaucoup de choses à raconter. Je ne suis pas resté à me taire : ce coup-ci, j'avais préparé une histoire tout à fait vraisemblable, mais complètement inventée.  Le Noël dont je rêvais, pas celui auquel j'avais eu droit.

La petite demie heure d'étude est passée très vite. Et nous soommes montés au dortoir. Une fois la lumière éteinte, et le calme obtenu, ce soir là, avec un peu de mal, Michel se pencah vers moi et me dit :
- Dis donc, c'était du pipeau ?
- Pourquoi ?
- Comment ça s'est passé ?
J'avais bien menti, trop même. Et Michel avait brisé d'un coup le scénario, j'ai senti des sanglots monter : trop de pression pendant deux semaines. Il s'en est rendu compte tout de suite :
- Aller, ne t'en fait pas. J'en ai dit aussi des conneries, je ne pouvais pas raconté que j'étais ramasser mon père en dessous des vaches tellement il était bourré...
- C'est pas vrai...
- Si, qu'est-ce que tu crois...
Je l'ai aimé, Michel. Quelques mots avaient suffi pour me faire retrouver le sourire. Je le retrouvais, ami, sur qui je pouvais compter.
- Oublies, attends, je viens...
Il s'est glissé dans mon lit, comme une couleuvre, et m'applique un gros baiser sur la joue.
- On s'en fait une petite ?
Sans un mot, je lui ai pris le sexe, et j'ai commencé à la masturber.............

L'année 1971 a commencé comme ça.
Elle s'est pourvsuivie, entre l'affection de Michel, et la reconnaissance de mes profs, sans que j'ai plus à souffrir de ma situation de toujous petit. L'équilibre était réalisé entre de mauvais moment, où je continuais à faire l'objet de petites persécutions par les grands, qui m'obligeaient parfois à retrouver mes vieux réflexes, et me rapprochaient de mes origines de primates, puisqu'ils m'amenaient à grimper dans les arbres.
Mais j'avais maintenant trouvé quelqu'un qui me reconnaissait. Et les choses étaient moins dures.
Michel avait de la patience : mes crises spiriutelles faisaient que souvent, je changeais d'avis, et je refusais ses avances. Mais il ne m'en voulait pas. Je lui en voulais de mon côté, parce qu'il me semblait avoir des besoins insassiables : Il lui arrivait parfois de me faire un petit signe en pleine journée, et nous nous retrouvions dans les toilettes de la cour...

Le second trimestre se termina doucement, avec son lot de week-end plus ou moins perturbé par un père qui ne changeait rien à sa consommation de poison, et ses digestions difficiles, des semaines d'efforts pour obtenir de bons résultats, salués chaque semaine avec des bulletins couleur or, et la tendresse réelle de Michel, qui savait comme personne réduire la tension qui m'habitait. Mes camarades continuaient à me demander des conseils, et les services rendus ainsi, s'ils ne me permettaient pas une protection intégrale, amenaient plus de respect. Là où les grands parfois entrainaient mes copains de classe à me torturer, à manger neige ou herbe, maintenant, ils les trouvaient de moins en moins en temps qu'alliés et très souvent, ils leurs répondaient :
- Laissez tomber, ou foutez lui la paix...
Le jeu, devenu moins drôle, me donnait un peu de répis.

Le printemps arrivait. En même temps que mes 13 ans.

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 15 novembre 2005

13

Les journées défilaient. L'école commençait à préparer la fête de Noël. Nous avons eu la visite d'un père, qui revenait d'Afrique. Je me souviens de deux séances de projection de diapos, qui me laissent un souvenir très précis. Ces villages de brousse, ces enfants qui courrent, et ce soleil, et ce ciel.
Justement, il n'y avait pas photo avec le temps qu'il faisait au dehors.
Ce prêtre fut chargé de la retraite de Noël : il fallait rendre nos coeurs purs pour accueillir Jésus. Quelle galère : un office tous les soirs, une préparation et une confession. Dieu voyait tout. Il pardonnait bien sûr. Mais il fallait pour cela raconter nos péchés au prêtre. Ces péchés qu'on faisait en pensée, par action, par omission, mais aussi en action.
Comment allais-je bien pouvoir lui parler de tout cela ?
La plupart de nos profs étaient des prêtres, et nous avions un père spirituel, choisi parmi eux. Quel gros problème : comment parler dans le noir, de mes péchés, et le voir me regarder en pleine lumière ?

Tournant et reournant le problème dans ma tête, je me suis décidé soudain :
- Michel, c'est un péché qu'on a fait, tu crois que je dois le dire pour me confesser ?
- T'es fou. Arrêtes tes conneries. Ca reste entre nous.
- Oui, mais...
- Ecoutes, Dieu nous a fait avec une bite, c'est pour qu'on s'en serve...
L'explication m'a parue un peu courte.
Le soir, alors qu'il glissait le lit vers le mien, comme à l'habitude, il me chuchota :
- Alors, tu penses quoi ?
- On le fait plus.
- T'es con !
- Non, je suis chrétien.
- OK.
Il s'est retourné, et s'est endormi.
Pour les actes, ok, ce soir, c'était gagné. Mais pour les pensées, j'aurai bien aimé quant même... D'ailleurs, je sentais bien que l'objet en était d'accord, il ne connaissait visiblement rien au péché, lui... Et dans ces moments là, impossible de l'ignorer...

Michel ne dit plus rien ni le lendemain, ni les autres jours. Je pense qu'il a eu t(rès peur que je me confesse. Mais ce jour là, malgré mes bonnes résolutions, pour la toilette intégrale de mon âme, je n'ai pu desserrer les dents sur ce sujet.
Michel semblait se désintéresser de la question. Du reste, il avait peur aussi de son bulletin, comme moi-même. Et jusqu'aux vacances, la vie passa ainsi, tranquillement, sauf pour la pensée, qui curieusement ne tenait aucun compte de ma volonté.

Je suis rentré en vacances, à la maison, la fête n'était jamais pareille à celle des autres : on tremblait de voir arriver sur la table une bouteille de vin, et on savait que mon père finissait toujours par nous gacher les moments de joie que nous pouvions avoir. Ca n'a pas loupé cette année là : j'avais eu de ma grand mère un petit magnétophone, pour me récompenser de mon bulletin, et j'ay avait glissé une cassette : elle n'a pas plu à mon père, et le magnétophone a fini sa brève existance sur le pavé dans la rue. Il est vrai aussi qu'il venait de ma grand mère.
Un Noël comme les autres, en somme, un court instant de bonheur, et un long moment de tristesse.
Mais commence une nouvelle année.

par jmj publié dans : coeurenderoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus